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Forking Paths héberge mes réalisations et mes explorations informatiques dans le domaine des arts et du spectacle.

Vous y croiserez peut-être (qui sait ?) des capteurs de présence humaine, un lecteur multimédia amélioré pour le live, les mains électroniques d'un saxophoniste aventureux, des expériences de lutherie sauvage sur piano trafiqué, ainsi que des réflexions à voix haute, digressions imaginaires et autres pensées aléatoires. Le tout fait main et sur mesure dans une ambiance d'artisanat curieux.


Je suis Martin Fouilleul. J'ai commencé à programmer et à apprendre le fonctionnement des ordinateurs en autodidacte, en parallèle d'études scientifiques et musicales. Après un cursus en classes préparatoires puis en Formation Supérieure aux Métiers du Son au CNSM de Paris, j'ai, avec Julien Carton, cofondé Sweet Spot, une société et un studio de mixage dédiée à nos activités dans le domaine du son et de la musique. J'ai simultanément noué des collaborations avec des artistes sur des pièces mettant en jeu des dispositifs électroniques et informatiques, comme par exemple Nasenflügletanz de Stockhausen pour DX7, sampler et percussions, avec Benoit Maurin et Haga Ratovo, les opéras Didon et Enée de Purcell et Le monde de la Lune de Haydn revisités avec électronique temps réel pour la compagnie Manque pas d'Airs, le dispositif électro-acoustique de l'installation Listen to the World de Marina Smorodinova aux Rotondes de Luxembourg, ou encore des plug-ins d'effets sur mesure pour le trio électro jazz NOX.3.

J'écris actuellement Top !, un lecteur-séquenceur multimédia destiné au spectacle vivant, et je travaille avec NOX.3 sur un prototype de gant équipé de capteurs pour le geste musical augmenté.

Un mot sur le “Fait-main”

L'ambition de Forking Paths est de ressembler à l'atelier d'un ébéniste ou d'un maître verrier.

J'aime bien l'idée de programmer “à la main”, d'essayer de forger de nouvelles choses par une accumulation d'expérience et de travail plutôt que par un assemblage de pièces préfabriquées. D'être curieux et de s'intéresser aux rouages et au sens de nos outils, plutôt que de s'en remettre à des boites noires. Et je pense qu'il est parfois louable d'essayer de “réinventer la roue”. Cette attitude comporte bien sûr son lot de remises en question, mais sinon, où est l'enjeu ?

Tout ça peut paraître un peu présomptueux, voire complètement fantaisiste, mais ça ne l'est pas tant que ça ! Pourtant, j'ai longtemps pensé que ça l'était : quand vous apprenez et que vous êtes perdu dans un océan de prescriptions sans savoir à quoi vous fier (et surtout, à quoi ne pas vous fier), vous êtes à peu près condamné à penser que la manière de faire dominante est la seule possible.

Il s'est avéré que certains programmes bien réels n'étaient pas cet agglomérat géant “design patterns” empilés sur des monceaux de librairies préexistantes. Et que certains programmeurs se soucient réellement de façonner de belles œuvres logicielles à la main. Et vous savez quoi ? Il existe même une communauté florissante de ce genre de personnes, qui s'échangent des idées et des ressources éducatives, et qui font pousser leur propres programmes dans leur propre jardin numérique. Il s'agit du Handmade Network, et si vous avez un penchant pour la technique, je vous encourage vivement à y jeter un œil !

De fait, une grande part de l'élan et de la persévérance nécessaires pour s'atteler à la tâche et décider de produire quelque chose pour une audience un peu plus large, et donc de lancer the Forking Paths, vient de la découverte de séries et d'interviews réalisées par d'excellents programmeurs, qui sont à l'origine de ce mouvement (et parmi eux Casey Muratori mérite un hommage spécial pour son inspirante série Handmade Hero).